Frise chronologique
vers 1843
Fondation du café
Fondation du café
vers 1843 (≈ 1843)
Création par Jean-Catherine Bibent, premier café.
1861
Innovation brassicole
Innovation brassicole
1861 (≈ 1861)
Première bière pression servie à Toulouse.
1870
Transmission familiale
Transmission familiale
1870 (≈ 1870)
Narcisse-Léon Bibent reprend l’établissement.
29 octobre 1975
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
29 octobre 1975 (≈ 1975)
Protection du décor intérieur en stucs.
1986
Agrandissement du café
Agrandissement du café
1986 (≈ 1986)
Extension sur trois niveaux, changement de clientèle.
9 juin 2011
Réouverture après restauration
Réouverture après restauration
9 juin 2011 (≈ 2011)
Retour aux couleurs et décor d’origine.
janvier 2023
Changement de propriété
Changement de propriété
janvier 2023 (≈ 2023)
Cession forcée à des créanciers obligataires.
fin janvier 2024
Reprise du fonds de commerce
Reprise du fonds de commerce
fin janvier 2024 (≈ 2024)
Nouvelle gestion par La Dépêche du Midi.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La salle du rez-de-chaussée avec son décor (cad. AB 210) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Personnages clés
| Jean-Catherine Bibent - Fondateur du café |
Crée le Bibent vers 1843. |
| Narcisse-Léon Bibent - Héritier et gérant |
Reprend le café en 1870. |
| Jacques-Pascal Virebent - Architecte urbain |
Conçoit la place du Capitole. |
| Jean Jaurès - Homme politique et journaliste |
Y écrit pour *La Dépêche*. |
| Émile Lapoujade - Propriétaire dans les années 1970 |
Envisage une rénovation controversée. |
| Christian Constant - Chef étoilé |
Participe à la restauration en 2011. |
| Axel Letellier - Architecte du patrimoine |
Supervise les travaux de 2009-2011. |
Origine et histoire
Le Bibent est un café-restaurant emblématique de Toulouse, installé au 5 place du Capitole dans un immeuble du XIXe siècle. Fondé vers 1843 par Jean-Catherine Bibent, il est transmis à son fils Narcisse-Léon en 1870. Son décor intérieur, typique du style Napoléon III et de la Belle Époque, est marqué par des stucs peints, des cariatides et des guirlandes florales. Ce lieu, fréquenté par des figures comme Jean Jaurès, devient un symbole de la vie sociale et politique toulousaine.
En 1975, le décor intérieur du Bibent est inscrit aux Monuments Historiques, sauvé in extremis d’une rénovation modernisatrice qui aurait détruit son âme Second Empire. Malgré cette protection, une restauration en 1979 altère ses couleurs d’origine. Le café, agrandi sur trois niveaux en 1986, perd progressivement son attrait avant d’être racheté en 1999 par le Groupe Thierry Oldak, qui entreprend une restauration ambitieuse pour lui rendre son faste Belle Époque.
Entre 2009 et 2011, une équipe dirigée par l’architecte Axel Letellier et le chef Christian Constant redonne au Bibent ses couleurs originelles (vert, rouge, or) et ses éléments emblématiques comme les miroirs et lustres Murano. Rouvert en juin 2011, il redevient un lieu gastronomique majeur, mêlant patrimoine et modernité. En 2024, après des turbulences financières, sa gestion est reprise par le Groupe La Dépêche du Midi et Esprit Pergo, marquant une nouvelle ère pour ce monument toulousain.
Le Bibent est aussi un lieu chargé d’anecdotes : premier café de Toulouse (voire de France) à servir de la bière pression en 1861, il a accueilli des moments historiques, comme la rédaction d’articles de Jean Jaurès pour La Dépêche, ou même la planification de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand par des étudiants serbes en 1914. Ces événements soulignent son rôle central dans la vie intellectuelle et politique de l’époque.
Architecturalement, le Bibent s’inscrit dans le projet d’embellissement de la place du Capitole mené par Jacques-Pascal Virebent au début du XIXe siècle. Son rez-de-chaussée, aménagé entre 1900 et 1910, illustre le style Napoléon III avec un décor de stucs peints protégés depuis 1975. Les façades, rythmé par des arcades et des fenêtres rectangulaires, reflètent l’harmonie urbaine souhaitée par les autorités toulousaines de l’époque.